Voyage au Sénégal – Itinéraire de 10 jours et impressions

Mis à jour le 27/01/2020Sénégal0 commentaires

Ah, tu pars en voyage au Sénégal, mais pourquoi? C’est amusant, mais voilà une question que l’on m’a bien plus posée que pour d’autres destinations. Sans doute parce que, pour certaines régions du monde, on pense automatiquement deviner pourquoi on y voyage: tels paysages, tels animaux, telle architecture… A l’inverse, pour le Sénégal, nombreuses sont les personnes à ne pas avoir d’images en tête et donc à se demander pourquoi on pourrait avoir envie d’y aller. Répondre à cette question m’a obligée à y réfléchir davantage que je ne l’avais fait avant d’acheter mon billet d’avion. Mais pourquoi avais-je envie de voyager au Sénégal? En effet, ce n’est sans doute pas le plus beau pays d’Afrique et les paysages du Sénégal ne sont globalement pas spectaculaires, mais ce que j’avais envie d’y trouver était tout simplement du dépaysement, une culture différente, une première approche de l’Afrique (où je n’avais jamais voyagé auparavant), une atmosphère, des gens… Et c’est exactement ce que j’y ai trouvé!

Voyage au Sénégal – Mes impressions

Difficile de vous donner toutes les impressions d’un voyage, il y a tellement de choses! De plus, je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découverte 😉 Voici donc simplement quelques-uns de mes ressentis lors de mes vacances au Sénégal. Je ne vous parle pas ici de mes impressions sur chacun des lieux visités, je l’ai déjà fait dans mes articles sur les différentes étapes du voyage, mais vous parle plutôt d’un ressenti général et d’éléments qui m’ont marquée.

Relations avec la population

J’ai beaucoup aimé mon voyage au Sénégal et le recommande pour les personnes qui, comme moi, souhaitent voyager en Afrique pour la première fois. C’est un pays assez « facile », où le dépaysement est néanmoins garanti! Et ne pensez pas que cela l’est moins car le Français est la langue officielle… Certes, elle l’est et vous verrez du français sur les panneaux, mais au quotidien les Sénégalais parlent le Wolof (langue majoritaire au Sénégal) ou le Sérère et nombreuses sont les personnes ne parlant quasiment pas français. Même lorsque c’est le cas, la culture est différente et la communication l’est donc aussi: au début du voyage, j’avais par exemple tout le temps l’impression que les gens qui s’adressaient à moi le faisaient avec agressivité… Jusqu’à ce que je réalise que c’était juste une manière de communiquer différente, et que ce qui me semblait agressif ou en tout cas un peu rude ne l’était pas, et même était parfois de l’humour! Le fait de parler la même langue est alors plus trompeur, car on a tendance à considérer que l’on « sait » communiquer dans cette langue et que l’on a les codes. Ce n’est pas toujours vrai!

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Au Sénégal, j’ai vraiment découvert une toute autre culture et me suis posée plein de questions, ce qui est à mon avis l’une des composantes d’un voyage réussi. Parmi les questions me taraudant pas mal, ma place en tant que « femme blanche et donc riche » comparée à la majorité de la population. Le Sénégal a beau ne pas être parmi les plus pauvres d’Afrique, il n’en demeure pas moins que la population y vit de manière très simple. Il suffit de traverser quelques villages pour s’en rendre compte…

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Comme dans bien d’autres pays dans le monde, il n’est pas toujours facile de savoir comment se comporter face à cette différence de niveau de vie. D’un côté, on a envie d’aider et de faire plaisir, de l’autre cela peut être totalement contre-productif. Si je donne quelque chose à l’enfant qui vient me le demander, continuera-t-il à aller à l’école ou bien est-ce que ses parents l’enverront plutôt mendier car cela « rapporte plus »? Si je donne des vêtements ou fournitures scolaires, comment être sûre que cela ne va pas juste être revendu (le cas est classique)? Et en même temps si c’est revendu, est-ce que ce n’est pas mieux que rien car cela a tout de même permis de générer des revenus pour certains? Comment réagir quand on m’aborde et prend le temps de discuter pour finalement me demander de l’argent ou essayer de me vendre quelque chose? Comment réagir quand on me souhaite à plusieurs reprises d’avoir un jour un fils (comme si c’était nettement supérieur aux filles)? Bien des questions restées sans réponses mais qui ont le mérite de faire réfléchir!

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Pour être honnête, je n’ai pas trouvé très simples les relations avec la population en général. Non pas que je n’ai pas trouvé les gens sympas, ce n’est pas du tout ce que je veux dire. Je veux simplement exprimer qu’il me semble que les relations sont beaucoup moins faciles que l’image (idéalisée, mais ce n’est que mon avis!) du Sénégal, terre d’hospitalité (la fameuse teranga) où, « c’est merveilleux ils n’ont rien et sont tellement gentils! ». Je suis d’une manière générale assez opposée à cette manière de voir les choses, qui s’apparente vite au mythe du bon sauvage et me semble offensante sous couvert de bons sentiments. Si j’ai trouvé plein de gens sympas, j’ai aussi été gênée dans bien des cas par le fait que les rapports soient biaisés par la différence de niveau de richesse. Ce n’est pas une critique, c’est totalement normal et ce n’est pas propre au Sénégal mais cela ne rendait pas toujours les rapports humains évidents: bien des gens étaient sympas jusqu’à ce qu’ils comprennent que je n’allais rien leur acheter/donner et devenaient alors vraiment désagréables. Heureusement, j’ai également eu des échanges simples et enrichissants avec d’autres personnes: nos guides, notamment, mais aussi une vendeuse au Lac Rose, quelques personnes avec qui nous avons discuté un peu au hasard… Bref, il y a des nuances, comme partout, et c’est ce que je souhaitais partager avec vous!

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Religions au Sénégal

Voilà une des facettes du pays qui m’a marquée: la cohabitation pacifique entre les religions. Le Sénégal a beau être majoritairement musulman, la cohabitation semble se faire naturellement comme à Mar-Lodj ou à Fadiouth. Certaines familles ont même des membres de religions différentes, ce qui ne pose pas problème, et ont parfois des pratiques inspirées de plusieurs religions et notamment de l’animisme. L’explication à cela? Sans doute plus de tolérance que dans bien des pays mais aussi, comme me l’expliquait un Sénégalais, le fait que la notion de famille soit très élargie au Sénégal. « Ainsi, pourquoi aller faire du mal à quelqu’un ? De toutes façons, il y a de grandes chances qu’il fasse partie de ma famille d’une manière ou d’une autre » me disait cette personne. A méditer!

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Prendre des photos au Sénégal

Un point auquel je ne m’attendais pas durant votre voyage au Sénégal est que le fait de prendre des photos générait souvent des tensions: les Sénégalais n’aiment en général pas être pris en photo et je me suis trouvée de nombreuses fois, prenant une photo d’ensemble d’un lieu (pas un portrait ou une photo volée, hein! C’est alors très différent) et me faisant hurler dessus par quelqu’un (qui parfois n’était même pas dans le cadre d’ailleurs). Après avoir posé la question à un guide, il semblerait qu’ils ne souhaitent souvent pas être pris en photo car ils se retrouvent ensuite potentiellement sur une carte postale ou dans des livres sans avoir été payés. Pas évident du coup pour le photographe, j’ai plusieurs fois simplement rangé mon appareil pour ne pas avoir des regards réprobateurs sur le simple fait de l’avoir sur l’épaule. J’ai aussi donné une pièce à une porteuse de sel au Lac Rose que j’avais prise en photo de loin et qui est venue me réclamer de l’argent, même si d’habitude je n’aime pas payer pour avoir une photo… Mais là encore, qui peut se targuer d’avoir la « bonne « réponse sur ce sujet? Est-ce qu’à sa place on n’en ferait pas autant? Est-ce que ce n’est pas « mérité » finalement? Je ne sais pas…

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Passer par une agence ou voyager en indépendant au Sénégal?

Vous le savez si vous suivez ce blog, je voyage en général de manière indépendante. J’ai cependant fait le choix de passer par une agence pour ce voyage au Sénégal et n’ai pas regretté du tout. En demandant à des personnes ayant déjà voyagé au Sénégal, je me suis rendue compte que les déplacements en transports en commun pouvaient être un peu compliqués du fait de l’absence d’heure de départ dans bien des cas (départ uniquement quand le bus est plein, par exemple) et donc de la durée potentiellement très importante des temps de trajet. N’ayant que 10 jours sur place et ne souhaitant pas passer la moitié du temps dans des bus, on m’a conseillé de privilégier l’option voiture avec chauffeur. Je me suis bien rendue compte en effet, lors de mes recherches mais aussi une fois sur place, qu’il était nettement moins facile de se déplacer qu’en Asie par exemple. Ici, pas de tuk-tuk pouvant vous emmener partout! Il en va de même pour se restaurer, d’ailleurs: j’ai été étonnée de constater qu’il y a très peu de stands de street food ou petits restaurants d’une manière générale. Je ne dis bien sûr pas qu’il est impossible de voyager en indépendant au Sénégal, pas du tout, mais c’est juste plus difficile que dans certains pays et, vu la durée de notre séjour, nous n’avons pas regretté l’option voiture.

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Je suis passée par la plateforme Evaneos, qui permet d’être en relation avec des agences locales francophones et de construire son itinéraire sur mesure. Cela faisait un moment que je voulais tester leurs services, en ayant entendu beaucoup de bien et ayant même un peu travaillé en freelance pour eux à une époque. J’aime bien le fonctionnement de la plateforme car l’organisation du voyage est vraiment faite par l’agence locale et l’essentiel du prix revient à cette dernière, ce qui est essentiel à mes yeux. Grâce à Evaneos, on bénéficie toutefois en même temps du côté sécurisant des garanties offertes par la plateforme (sélection des agences, paiement, etc). L’organisation était fluide: j’ai fait ma demande de devis puis ai été directement en contact avec le très sympathique Abou, qui a vraiment personnalisé l’itinéraire en fonction de nos souhaits et de notre mode de voyage. Quelques échanges et aller-retours du programme et notre itinéraire était construit exactement comme nous le souhaitions, avec en prime des suggestions pertinentes auxquelles nous n’avions pas forcément pensé et un tarif que nous avons trouvé  correct. Et même quand nous avons du décaler notre voyage (d’un an!) du fait d’un souci personnel, Abou a été extrêmement aidant, ce que nous avons vraiment apprécié.

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Une fois sur place, cela nous a bien facilité la vie: les déplacements étaient simples, nous avions toujours des guides locaux dans les différents lieux que nous visitions et je pense qu’ils nous ont évité pas mal d’être un peu harcelés par des vendeurs et charlatans divers dans certains endroits. Si c’était à refaire, je prendrais la même option!

Envie d'organiser votre voyage avec Abou?

Si vous faites une demande de devis via ce lien, je recevrai une petite commission mais vous ne paierez pas plus cher. Merci d’avance, cela m’aide à continuer ce blog! 🙂 

Itinéraire de 10 jours au Sénégal

Construire un itinéraire n’est jamais simple. On a toujours envie de voir le plus de choses possibles, mais plus je voyage et plus j’ai aussi envie de profiter de chaque endroit et de ne pas courir d’un point à l’autre simplement pour rayer un lieu de ma liste et pouvoir dire « je l’ai vu ». J’ai donc construit cet itinéraire en incluant plusieurs incontournables d’un voyage au Sénégal, mais ils n’y sont pas tous du tout (en 10 jours, c’est impossible de toutes façons). Je n’ai pas inclus le nord du Sénégal par exemple, même si Saint-Louis a l’air magnifique. Cela faisait faire trop de route et je trouvais dommage de n’y passer que rapidement de toutes façons car il y a plein de choses à voir aussi dans ce coin-là (notamment le Parc du Djoudj). De même, ni Casamance ni Sénégal oriental: je me suis concentrée sur le Sine Saloum et la Petite côte (côte située au sud de Dakar, jusqu’à Joal-Fadiouth), avec un petit passage aussi par Lompoul et la Grande Côte (côte située au nord de Dakar). Au final, j’ai été très contente de mon itinéraire, même si le trajet jusqu’à Lompoul était un peu long (mais j’étais tellement curieuse de voir ce mini-désert que j’avais décidé tout de même de l’inclure!). Il nous a permis d’avoir déjà un bel aperçu du pays et de voir des lieux variés. Et je reviendrai pour ce que je n’ai pas vu cette fois…

Jour 1 – Vol Paris-Dakar et trajet en voiture jusqu’au Sine SaloumNuit à l’écolodge de Palmarin.

Jour 2 – Balade en kayak dans la mangrove puis balade à vélo et retour de pêche à Djiffer. Nuit à l’écolodge de Palmarin.

Jour 3 – Randonnée à pied de Séssène à N’dangane puis bateau dans la mangrove et visite de  l’île de Mar-Lodj. Nuit à l’écolodge de Palmarin.

Jour 4 – Visite de Joal-Fadiouth et arrivée à Mbour (où nous avons profité de la plage!). Nuit à l’hôtel Ndaali à Mbour.

Jour 5 – Safari dans la réserve de Bandia puis visite du marché de Mbour et retour des pêcheurs. Nuit à l’hôtel Ndaali à Mbour.

Jour 6 – Visite de la Grande Mosquée de Touba puis arrivée au désert de Lompoul. Nuit à l’Horizon Lodge à Lompoul.

Jour 7 – Visite du marché de Thiès puis retour de pêche à Kayar et arrivée au Lac Rose. Nuit à l’hôtel Trarza.

Jour 8 – Découverte du Lac Rose. Nuit à l’hôtel Trarza.

Jour 9 – Tour rapide de Dakar en voiture puis visite de l’île de Gorée. Vol Dakar-Paris dans la nuit.

Quand voyager au Sénégal?

Le climat au Sénégal est tropical. J’ai voyagé 10 jours au Sénégal au mois de décembre/janvier, ce qui est une excellente période pour s’y rendre. Le Sénégal compte en effet une saison sèche qui s’étend de novembre à mai et une saison des pluies de juin à octobre. Durant la saison sèche, la température est en général autour de 25 degrés, ce qui est super agréable. Il faut tout de même prévoir une petite laine pour le soir, notamment lorsqu’on est en bord de mer, car il y a alors une humidité et un vent qui peuvent être frais.

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Conseils pratiques

Lifestraw – La gourde filtrante

Vous le savez, les déchets plastiques sont un énorme problème dans le monde… Au Sénégal, le problème vous sautera d’autant plus aux yeux que vous verrez des déchets absolument partout dans les rues, dont de très nombreux plastiques… Pour éviter de consommer à votre tour trop de plastique dans le pays, l’un des points clé est de limiter le nombre de bouteilles en plastique utilisées. Pas forcément évident dans un pays où l’eau que l’on trouve au robinet est bien trop risquée pour nous autres petits Français! J’avais déjà expérimenté un jour les capsules de Micropur, pour purifier l’eau, mais cela ne me convient pas du tout: ce n’est pas super pratique déjà, mais surtout cela détruit la flore intestinale en même temps que les bactéries de l’eau, avec des conséquences gênantes pour mon système digestif fragile. L’autre solution, c’est la gourde LifeStraw, que je connaissais déjà pour l’avoir vue utilisée par plusieurs amis. Il s’agit d’une gourde équipée d’une paille de filtration qui permet de filtrer 99,99% des bactéries et protozoaires. C’est pas beau, ça? 😉

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Le fonctionnement de la gourde est vraiment facile: il suffit de la remplir avec n’importe quelle eau et de boire grâce à la paille de la gourde, qui va instantanément filtrer l’eau. Une fois le système de filtration usé, la paille se bloque et il n’y a donc rien à craindre. C’est globalement très pratique et je m’en suis bien servie. Les points négatifs sont un léger goût de l’eau (c’est léger, mais présent), le fait qu’elle se réchauffe vite dans la gourde, qu’elle fuie un peu si elle est posée à l’horizontale, qu’il faille aspirer bien fort pour boire et que le débit soit faible. Quand on a bien soif, on a souvent envie de prendre une grande gorgée d’eau, ce qui n’est pas possible ici. Ce sont de petits inconvénients comparé au gain en terme d’économie de plastique, cela dit! Nous avions une gourde pour deux lors de ce voyage puisque c’était la première fois que nous l’utilisions et voulions la tester: nous avons donc encore consommé trop de bouteilles plastiques, mais avons tout de même bien réduit le volume.

Intéressé par la gourde LifeStraw?
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Santé

Je vous invite à lire la page dédiée au Sénégal de l’Institut Pasteur. A propos des vaccins, notez que même si le vaccin contre la Fièvre Jaune n’est que « recommandé » et non obligatoire pour entrer dans le pays, il faut vraiment le faire avant de partir, c’est bien trop grave pour partir sans! Ce vaccin ne se fait que dans les centres de vaccination et il y a un délai à respecter pour être protégé, pensez donc à prendre rendez-vous suffisamment longtemps à l’avance.

Visa

Il n’y a pas besoin de visa pour les ressortissants français séjournant moins de 3 mois au Sénégal. Consultez ici la fiche du Ministère des Affaires étrangères.

Assurance voyage

Lorsque je voyage dans des pays hors Europe, je souscris toujours une assurance me couvrant pour les frais médicaux et prenant en charge un éventuel rapatriement. Vous avez parfois déjà cette assurance si vous payez votre voyage par CB. Sinon, je prends en général l’assurance Cap Assistance 24/24 de Chapka Assurances. Je connais de nombreuses personnes l’ayant déjà utilisée et en ayant été satisfaits, ce qui me rassure, et leurs tarifs sont compétitifs. La souscription se fait en ligne très rapidement: bien pratique, surtout quand on y pense au dernier moment!

En souscrivant une assurance via ce lien, vous bénéficiez de 5% de réduction sur votre assurance Cap Assistance et me permettez de recevoir une petite commission… Vous m’aidez ainsi à continuer ce blog tout en bénéficiant d’une réduction! 🙂

Mon assureur: Chapka

 

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