3 jours de bikepacking en gravel en Wallonie

Dans cet article de blog, je vous raconte mes 3 jours de bikepacking en Wallonie. Ce n’est pas la première destination de vacances à laquelle on pense pour aller rouler, pourtant le sud de la Belgique offre un cadre idéal aux amoureux des séjours en pleine nature, loin des foules.
Aperçu de mon séjour bikepacking en vidéo
Mon avis sur l’itinéraire gravel
La Wallonie est parfaite pour une escapade à vélo, que ce soit le temps d’un week-end ou pour une première expérience de bikepacking. On est totalement immergé dans la nature, tout en restant dans un cadre rassurant, jamais trop éloigné des villages.
En outre, le terrain reste accessible avec des côtes généralement assez courtes et douces. Aventuriers en herbe, familles en quête d’évasion ou amoureux du grand air y trouveront leur bonheur. Et pour ceux qui préfèrent voyager léger, il est également possible de modifier mon itinéraire pour faire deux boucles les deux derniers jours (en laissant les bagages à l’hôtel du coup!).


Les itinéraires gravel en Wallonie
La Wallonie propose plusieurs itinéraires adaptés au gravel dans différentes région, que vous pouvez bien sûr adapter encore selon vos besoins.
Le parcours que j’ai fait est par exemple une variante de l’itinéraire GR² – De Mons à Couvin, entre patrimoine UNESCO et nature.
Arrivée à Mons en train
Comme souvent, voyager en TGV avec un vélo relève du casse-tête. Je dois emporter une sacoche volumineuse qui occupe la moitié de mon bagage arrière et, faute d’espace dédié dans le train, je suis contrainte de laisser mon vélo emballé au milieu du passage. Avec le vélo démonté dans la sacoche, j’ai toujours peur pour le dérailleur, d’autant que les passagers ne le ménagent pas avec leurs grosses valises.
Dans le train belge, c’est mieux : un espace est prévu pour les vélos, même si celui-ci reste assez restreint. Heureusement, ce jour-là, j’étais la seule à voyager avec un vélo.
En arrivant à Mons, je m’installe au Martin’s Dream Hotel, dans une chambre moderne et confortable. Le restaurant de l’établissement étant fermé les mois de juillet et août, je vais dîner en ville, au restaurant l’Envers. Le service est impeccable et les plats sont savoureux. J’ai particulièrement aimé l’entrée au saumon et le cheesecake de pastèque.


Je profite ensuite de la soirée pour flâner en ville. Le centre-ville est petit et se visite assez rapidement. J’ai trouvé la ville charmante, et sa Grand-Place superbe avec son Hôtel de Ville de style gothique et ses jets d’eau qui animent la place.
On y trouve aussi une petite statue de singe, un des symboles emblématiques de Mons: il porterait chance à celui qui lui caresse la tête de la main gauche. Ne connaissant pas encore ce détail, je l’ai caressé de la main droite, je ne pourrai donc pas vous dire si la légende est vraie ! Le Beffroi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et la Collégiale Sainte-Waudru méritent également le coup d’œil.




Jour 1- De Mons à Virelles
Après un bon et copieux petit-déjeuner au Martin’s Dream, je quitte Mons par une petite route pavée qui traverse la forêt, avant de longer des champs de maïs. Une courte portion de nationale m’amène ensuite vers Mons-Borinage : pas la partie la plus agréable du trajet, mais les automobilistes belges semblent respecter les cyclistes.


À chaque village, les façades de briques rouges, typiques de la région, rappellent l’identité wallonne. Entre, je retrouve la quiétude des champs et des prairies où paissent des troupeaux de vaches. Le relief reste doux, même s’il y a quelques courtes sections raides.



En arrivant à Solre-sur-Sambre, je franchis l’écluse joliment fleurie et découvre un village plein de caractère. J’aperçois d’abord l’église gothique Saint-Médard qui se dresse au-dessus de la rivière puis je longe le château fort médiéval, imposant avec ses tours et ses douves.



Un autre point d’intérêt du parcours, est le lac de Barbençon, un coin de nature paisible, idéal pour une petite pause.

Après une quarantaine de kilomètres, je mange un sandwich sur une table en bordure de voie verte, avant de poursuivre vers les lacs de l’Eau d’Heure, vaste site naturel au sud du Hainaut. L’endroit est touristique: des baigneurs s’y détendent, tandis que kayaks et voiliers glissent sur l’eau. Je m’éloigne du village de vacances et des complexes hôteliers en empruntant un chemin forestier qui longe le lac. Le sentier est plaisant, bien que les racines qui l’encombrent puissent surprendre.
De l’autre côté, la plage est presque déserte. Une odeur d’algues se fait sentir par endroits et je souris en songeant que le lac mériterait plutôt de s’appeler « le lac de l’odeur ».



J’alterne ensuite entre pistes cyclables et sentiers forestiers avant d’atteindre la forêt de Chimay. Je me réjouis que la météo soit clémente, car certains passages pourraient vite se transformer en bourbiers sous la pluie. Cette portion boisée donne l’impression d’isolement, tout en restant proche de zones habitées. Un itinéraire idéal pour celui qui veut s’initier au bikepacking en autonomie, sans prendre de risques.




J’arrive à l’Aquascope de Virelles en fin d’après-midi et c’est un véritable coup de cœur. Je suis logée dans une charmante cabane en bois, nichée au cœur de la nature. Sa terrasse donnant sur l’étang est propice à l’observation ornithologique. Tout ici invite à ralentir.




J’ai adoré me promener dans le parc, guetter ses habitants et en apprendre davantage sur leur écosystème grâce aux supports pédagogiques. J’ai passé de longues minutes à scruter et photographier les grenouilles. Au détour d’un chemin, j’ai aussi trouvé quelques mûres sauvages à grappiller. Et pour ceux qui voyagent en famille, le lieu dispose même d’un grand parc à jeux pour les enfants.



Le directeur du centre me confie qu’autrefois, cet endroit accueillait une base de loisirs animée, à l’image des lacs que j’ai visité un peu plus tôt. Difficile à imaginer lorsque l’on se promène dans ce havre de paix. Ici, la nature a repris ses droits et offre un refuge naturel à la faune locale.

La journée touche à sa fin et mon estomac se rappelle à moi. Il n’y a pas de restaurant à proximité mais l’établissement propose des menus pour 2 personnes avec des formules radicalement opposées : une option végétarienne incluant une dégustation de bières, ou un barbecue avec de grosses pièces de viande. Comme je ne suis pas particulièrement amatrice de bière, j’opte pour la seconde formule.
J’imaginais savourer ce dîner sur la terrasse de mon logement en admirant le lac et ses habitants mais c’est mon premier barbecue et la nuit tombe avant que la viande ne soit prête.
De retour dans ma cabane, je m’accorde un dernier instant de contemplation : par la fenêtre du toit située au-dessus du lit, le ciel étoilé s’offre à moi avant que le sommeil ne m’emporte. Le seul bémol de ce logement idyllique est l’absence de rideaux. Si vous êtes sensible à la clarté pour dormir, pensez à emporter un masque de nuit avec vous.

Jour 2 – De Virelles à Vierves-sur-Viroin
Le matin, difficile de quitter ma petite cabane, véritable invitation à la détente. Je bois un thé et le jus de pomme mis à disposition dans le logement pour tirer jusqu’à l’heure du checkout. Avant de remonter sur le vélo, je m’accorde une rapide visite au musée du site dont l’exposition temporaire est consacrée aux loups et aux enjeux de sa cohabitation avec l’homme.
Je pédale ensuite à travers le joli bois de Blaimont pour rejoindre Lompret, petit village classé parmi les plus beaux de Wallonie. Son église de style néo-gothique se démarque, bordée par l’Eau Blanche et entourée de maisons en pierre calcaires.

En poursuivant la route, je retrouve le même décor que la veille : forêts verdoyantes, chemins de campagne et villages en briques rouges.

J’atteins Nismes, une ville charmante avec son ancien moulin à eau et son élégante église néo-classique dressée au bord de l’Eau Noire. Elle est traversée par plusieurs cours d’eau qui lui donne l’impression d’une petite Venise belge.



Je fais un détour par le Fondry des Chiens situé non loin de là, une curiosité géologique semblable à un petit canyon. Je pose quelques instants mon vélo pour descendre dans cette faille calcaire, profonde d’une vingtaine de mètres et formée par l’érosion de la roche, c’est impressionnant. De gigantesques rochers semblent surgir de terre dans ce gouffre, un décor surprenant ici.


Après de longs instants à admirer les formations rocheuses, je retourne à Nismes pour la pause déjeuner. Mon choix se tourne vers la Bonne Auberge. Le service est très long mais les plats sont savoureux.
Je quitte enfin la ville par le jardin d’O, attenant au château Licot. Ce parc original met l’eau à l’honneur avec de nombreux aménagements aquatiques et jeux ludiques. On peut également y louer une barque pour voguer sur l’étang ou profiter d’un parcours de minigolf.


Plus loin, au cœur de la forêt, je découvre avec étonnement les vestiges du temple gallo-romain de Tienne de Noël. On en distingue encore les fondations, envahies par la végétation. Le lieu semble tondu régulièrement pour permettre l’observation de ce site historique.




Sentiers forestiers paisibles et chemins bucoliques se succèdent sur la suite du parcours. En fin d’après-midi, j’aperçois l’église Saint-Nicolas avec son clocher carré qui surplombe le village de Treignes et décide d’y faire une halte.
Il est surnommé le « village des musées » en raison de ses nombreux espaces culturels, comme l’Écomusée du Viroin, l’École d’Autrefois, le Musée du Malgré-Tout consacré à l’archéologie, ou encore le Musée du Chemin de Fer à Vapeur. Malheureusement, je n’ai pas le temps pour une visite.




Je rejoins mon hébergement, le gîte rural Au Champiat, dans le Viroinval. C’est un appartement spacieux doté d’une cuisine toute équipée et d’une machine à laver. Pratique lorsqu’on voyage à vélo. Dans le salon, les hôtes, prévenants, ont mis à disposition un classeur avec toutes les informations pratiques et touristiques.
Un grand jardin bien entretenu vient compléter ce cadre reposant. On se croirait presque dans un jardin botanique ! L’endroit est calme, légèrement excentré, mais le centre de Virieux-sur-Viroin reste accessible à pied en moins de dix minutes.



Je m’y rends pour dîner au Café de la Place, juste en face de l’église. La cuisine est simple et rustique mais leur orangeade maison est une belle surprise. Encore une fois, le service se fait attendre mais la place est coquette et je ne suis pas pressée. Un pub irlandais se trouve également à côté.
À lire aussi sur le blog
Jour 3 – De Vierves-sur-Viroin à Couvin
Si des boissons chaudes sont mises à disposition, mon logement ne propose pas de petit-déjeuner. Je fais donc une halte à Olloy-sur-Viroin qui est à quelques kilomètres de là et dispose de deux boulangeries et d’une petite épicerie pour s’approvisionner.


Tout au long de cette première moitié de parcours, l’itinéraire évolue majoritairement en forêt : j’emprunte de belles pistes cyclables ponctuées d’aires de repos, les RAVeLs (Réseau Autonome de Voies Lentes), avant de bifurquer vers un singletrack avec traversée de ruisseau. Vient ensuite la plus longue montée du voyage : 2,5 km, mais avec une pente très douce, on ne la sent presque pas.


Je poursuis jusqu’au Ry de Rome, un joli plan d’eau paisible, entièrement fermé à la circulation. C’est agréable. Je m’arrête quelques instants sur une plage déserte pour m’imprégner de la quiétude des lieux et terminer mon petit-déjeuner.




Je reprends ensuite un itinéraire en forêt, mais attention si vous suivez mon tracé : ne traversez pas la rivière, restez bien sur le même sentier. Une montée très raide suit et oblige à pousser le vélo sur quelques dizaines de mètres. Si vous êtes lourdement chargé, mieux vaut envisager une variante plus roulante.
Je déjeune ensuite à l’Auberge de Poteaupré, autour d’un copieux repas à base de produits locaux. Je me laisse finalement tenter par une dégustation de bières Chimay mais je n’avais pas réalisé que les verres seraient aussi remplis ! Moi qui ne bois rarement de l’alcool, je suis servie, avec 5 bières dont certaines avoisinent les 10 degrés !

Tout près se trouve l’abbaye de Scourmont fondée en 1850 par des moines trappistes. C’est ici qu’est née la célèbre bière Chimay, encore brassée selon la tradition monastique, ainsi que les fromages du même nom. L’abbaye en elle-même n’est pas ouverte à la visite, car elle reste un lieu de vie monastique. En revanche, il est possible de se promener librement dans ses jardins et de visiter son église, sobre et lumineuse, qui reflète l’esprit de simplicité des trappistes.



Le retour vers Couvin se fait plus rapidement, avec davantage de route et quelques passages dans de charmants petits villages nichés au cœur de vallons verdoyants. La ville est bâtie au pied d’un rocher calcaire et de belles maisons aux toits d’ardoise bordent les quais.


À quelques kilomètres de là, je suis accueillie Au Savary, un hébergement labellisé Bienvenue vélo. Initiative de la Wallonie visant à offrir un accueil de qualité aux cyclotouristes, il est attribué aux établissements situés à proximité d’un réseau cyclable et s’engageant à fournir des services et équipements adaptés aux besoins spécifiques des cyclistes.

La propriétaire des lieux est d’une grande gentillesse et privilégie le contact humain, offrant à ses hôtes un verre de bienvenue. Elle donne de précieux conseils sur la région et ses activités nature. Les chambres sont spacieuses et confortables, décorées chacune autour d’un thème inhérent à la région : pêche, chasse ou randonnée. Je suis installée dans la chambre du pêcheur aux tons bleus apaisants avec des touches décoratives rappelant la vie au fil de l’eau.

Je retourne à Couvin pour dîner, qui ne manque pas de restaurants. Mon choix se porte sur L’Absolu, une bonne adresse où le service est impeccable et le personnel particulièrement sympathique.
Retour en train
Le lendemain matin, le petit déjeuner est servi au gîte avec de bons produits locaux. J’ai même pu déguster une confiture maison, préparée avec les mûres sauvages que j’avais ramassées en chemin, un vrai régal !


S’il y a des gares à Couvin et Charleroi, je ne souhaitais pas faire trop de changements de train. Je roule donc jusqu’à la gare de Charleville-Mézières via la Meuse à vélo, un bel itinéraire plat et rapide.



Ce voyage a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale rémunérée avec Visit Wallonia. J’ai conservé toute ma liberté d’écriture. Cet article contient des liens d’affiliation.
