La Transfamenne – Rando entre forêts, villages et terroir en Wallonie

Après la Venntrilogie, la Transgaumaise ou encore la Transardennaise, cap en cette fin d' été sur une nouvelle grande traversée pédestre de Wallonie : la Transfamenne. Au programme : 57 km de randonnée entre Nassogne et La Roche-en-Ardenne à travers les bois et forêts des portes de l'Ardenne belge, les paysages vallonnés, les villages charmants, les richesses géologiques et les belles rencontres!
Aperçu de la Transfamenne en vidéo
Arrivée à Nassogne
L’ aventure débute à Nassogne, petit village aux portes de l’Ardenne entouré de prés et de bois. Je profite du beau temps et du trajet pour m’arrêter faire une balade en direction d’un point de vue sympa qu’on m’a recommandé: Le Rocher à Pic à Tellin! Je n’ai pas été déçu, la vue ici est superbe, surtout au coucher du soleil. Une jolie entrée en matière et un petit échauffement pour ce séjour au cœur de la nature wallonne.



Encore quelques kilomètres et me voilà arrivé à mon premier hébergement : la fromagerie d’Ambly. Je suis accueilli par Pierre-Xavier et ses adorables gardiens à quatre patte. Je décide de dîner sur la terrasse à la lumière des guirlandes. Au menu : fromages et salaisons de la ferme accompagnés de la bière de la brasserie locale : la Brasserie Saint-Monon. La tradition brassicole est bien présente dans ce coin de la Wallonie et j’espère que j’aurais encore l’occasion d’en profiter durant le reste de mon séjour.




Etape 1 – De Nassogne à Marche-en-Famenne
Je noue mes lacets et c’est parti pour cette première journée de randonnée ! Le soleil brille et il fait plutôt bon dans le petit bourg d’Ambly. Je découvre avec émerveillement le charme des ruelles wallonnes : maisons en briques rouge, herbe verte et décoration soignée. Avant d’entamer la montée à la sortie du village je passe devant la fameuse Brasserie Saint-Monon qui produit la bière que j’ai pu déguster hier soir.



Je progresse dans un paysage plein de charme alternant entre pâtures et forêts. Le paysage est aéré, lumineux : j’ouvre l’oeil.


Pourquoi cet itinéraire s’appelle la Transfamenne?
La Famenne, c’est ce ruban de terres ouvertes qui s’étire entre l’Ardenne boisée et la Calestienne calcaire (plus au sud). Vallées douces, prairies lumineuses, villages accueillants : tout ici respire l’équilibre entre nature et culture.
Son nom, hérité du latin Famina, désignait déjà cette contrée au Moyen Âge, comme pour rappeler depuis toujours l’identité singulière de ce couloir naturel aujourd’hui classé Geopark UNESCO.
Marche-en-Famenne et son patrimoine
Alors que je suivais fidèlement le tracé jusqu’à présent, et comme je progressais rapidement je me suis dit: « pourquoi ne pas faire un petit crochet vers le Château de Jemeppe? ». Un peu avant Marche, ce château fort de plaine avec ses allures anciennes et ses jardins contrastent agréablement avec les vastes espaces traversés jusqu’à présent. La Famenne n’est pas seulement forêts et prairies, mais aussi histoire et patrimoine.



Avant d’entrer dans le centre de Marche, l’église Saint-Étienne de Waha se dresse sur mon chemin comme une invitation. Les vitraux de Jean-Michel Folon y invitent à la contemplation : lumière douce, couleurs vives et atmosphère presque méditative. Une halte bienvenue après les kilomètres parcourus.




Encore quelques pas et j’entre dans Marche-en-Famenne. Une ville qui séduit non seulement par son cadre naturel — avec le site géologique du Fonds-des-Vaulx à proximité — mais aussi par son histoire et son architecture.
Depuis le Moyen Âge, la cité s’est développée le long de la route entre Namur et le Luxembourg, acquérant une importance commerciale notable, des remparts, des portes, des tours défensives. De ce passé, la ville conserve charme ancien et dynamisme : on y trouve un centre des congrès, de nombreux commerces sympa au centre ville et des terrasses près de l’église qui tendent les bras aux randonneurs fatigués.



Le soir venu, place au repos dans la charmante chambre d’hôtes écoresponsable Cochlea B’n’b. Je suis accueilli par Céline, qui a voulu ces chambre à son image et qui connaît mille adresses sympas et gourmandes dans le centre de Marche.


Etape 2 – De Marche-en-Famenne à Marcourt
Grosse étape au programme aujourd’hui 25 km et plusieurs visites prévues sur le chemin ! Je me réveille donc de bonne heure mais pas question de quitter Marche sans un bon petit-déjeuner ! Pour ça, Céline m’a donné une super adresse. Direction « Have A Nice Day », qui propose des petits-déjeuners dès 7h du matin à la fois aux clients de l’hôtel qui se trouve juste à côté mais également à tous ceux qui souhaitent en profiter ! Et le moins qu’on puise dire, c’est que je me suis régalé !




Je quitte la ville par le Fonds-des-Vaulx, un vallon bucolique, mais aussi un site d’un grand intérêt géologique. Situé sur la bordure de la Famenne et de la Calestienne, il révèle des formations calcaires et schisteuses typiques de la région. Les parois et les cavités témoignent de l’action de l’eau qui, au fil des millénaires, a creusé la roche tendre, donnant naissance à des grottes, des failles et des résurgences. Un joli préalable aux grottes que je vais visiter cet après-midi. Ces conditions géologiques particulières favorisent aussi une flore spécifique, adaptée aux sols calcaires, et participent à la richesse écologique du site.




Quelques kilomètres à l’issue d’un chemin qui tire tout doit à travers champs, je rejoins l’Ourthe à Hotton. J’en profite pour visiter Rivéo, un centre d’interprétation sur le thème de la rivière. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les habitants de ces cours d’eau mais aussi sur les espaces invasives qui les colonisent grâce a une exposition thématique.




Splendeur géologique : les grottes de Hotton
Après un casse-croute au bord de la rivière, j’entame la grimpette en direction des grottes de Hotton pour poursuivre ma découverte des richesses naturelles du secteur.
Même si la montée m’a donné chaud, j’enfile à nouveau mon gilet pour cette visite à 65 mètres sous terre et à 12° toute l’année. La visite, animée par Camille, nous plonge dans un univers façonné par l’eau et le temps. Stalactites, draperies et galeries immenses se dévoilent sous les jeux de lumière, tandis que le murmure du torrent souterrain rappelait la force invisible qui sculpte ces merveilles depuis des millénaires.





Le dernier tronçon de la journée m’amène à nouveau à traverser l’Ourthe pour remonter sur les reliefs via Werpin. Le temps se fait menaçant et je joue au chat et à la souris avec les gouttes de l’orage qui me tourne autour depuis 16h. Finalement, c’est à Beffe devant le char Sherman (qui rappelle les nombreux combats qui ont eu lieu dans le secteur durant la seconde guerre mondiale) que celui-ci me rattrape.
Après 15 minutes de galère pour enfiler seul mon poncho au dessus de mon gros sac, je suis enfin « au sec » pour finir cette journée en descendant en direction de Marcourt.




Je suis bien content d’arriver à l’hôtel (La Grande Cure) ce soir pour faire sécher mes affaires et prendre une bonne douche. Après un bon dîner, me voilà requinqué pour la dernière étape qui m’attend demain matin.



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Etape 3 : De Marcourt à La Roche-en-Ardenne
Je pars du bon pied avec le soleil encore une fois pour cette troisième et dernière étape. Le temps d’enjamber l’Ourthe dans le petit bourg de Marcourt et j’entame la grimpette en direction de la Chapelle Saint-Thibaut. La montée est rapide mais je m’octroie malgré tout une petite pause ici pour apprécier la vue sur les méandres de la rivière qui est magnifique de là-haut.




Le vent se lève et la météo annonce de la pluie cet après-midi alors je ne traîne pas, le chemin serpente dans les pâtures et les champs.

La dernière partie du chemin se fait plus boisée: l’ambiance de l’Ardenne s’intensifie et je me sens un peu en forêt par moments. Je longe un ruisseau au creux d’un petit vallon boisée et imagine bien le fameux gibier venir boire ici. Les sentiers sont parfois étroits et c’est appréciable après avoir passé pas mal de temps sur les chemins larges. Quelques lacets dans les prés et me voilà dans la dernière descente vers La Roche-en-Ardenne.
Le château de La Roche
Dès l’arrivée, le château féodal de La Roche s’impose, perché sur son éperon rocheux dominant la boucle de la rivière. Ses ruines, bâties sur un site occupé depuis l’époque néolithique, racontent plus de mille ans d’histoire : du premier château fondé vers 844 à ses développements médiévaux, jusqu’aux transformations sous Louis XIV et ses dommages successifs (incendies, démantèlement, bombardements).




En parcourant ses tours, ses murailles, ses donjons — certains creusés dans le roc lui-même — on comprend grâce au plan de visite (assez complet) pourquoi ce lieu est devenu un symbole fort de la région.
Pour les papilles : le Jambon d’Ardenne IGP
Après la visite du château (comptez environ 45 minutes pour une visite standard), cap sur une autre facette du patrimoine local : le fameux Jambon d’Ardenne IGP ! Direction la Maison Bouillon & Fils, installée à La Roche depuis 1955 pour découvrir ses secrets de fabrication en compagnie de M. Bouillon en personne.
Je découvre les différentes étapes de fabrication : découpe, salage (à sec puis en saumure, selon la pièce), maturation à froid, fumage lent au bois de chêne ou hêtre, et séchage/affinage dans ses caves.




Un concept qui a du « Panache »
Après ces dégustations, je découvre mon hôtel (Panache Bike And Sleep) pour la nuit, un concept original mêlant hébergement et boutique de réparation/location de vélo au rez-de-chaussée. Gilles et sa familles, qui tiennent l’établissement, sont très sympas et ont un réel sens de l’accueil, à la fois chaleureux et professionnel.




Direction le centre ville (5 minutes à pied) pour une dernière soirée en Wallonie. Au menu ce soir : Côtes de porc Piétrain (une race originaire du Brabant Wallon) basse température à la terrasse du Quai Son. Et je ne pouvais pas quitter la Belgique sans avoir mangé une petite gaufre. Me voilà reparti pour une balade digestive afin de profiter de la belle ambiance nocturne dans la ville et ses ruelles pavées.




L’heure du départ
Après une dernière balade dans les ruelles de La Roche pour profiter de l’ambiance des fameuses brumes matinale de l’Ardenne, retour vers Nassogne pour récupérer la voiture. Il est possible de prendre un train mais ils ne sont pas très réguliers et cela prend 1h10 contre 20 minutes de voiture, j’ai donc opté pour un taxi mais cela reste faisable en transports en commun.
Ce que je retiens de la Transfamenne ?
- Un itinéraire accessible et varié, à parcourir en 3 à 4 jours.
- Des paysages typiques de l’Ardenne, ponctués de curiosités naturelles et géologiques.
- Des rencontres chaleureuses avec des artisans, des hôtes et des producteurs passionnés.
- Une expérience qui allie randonnée, patrimoine et gastronomie locale.
👉 La Transfamenne s’impose comme une agréable traversée pédestre, à vivre le sac sur le dos, pour savourer à la fois l’effort et le réconfort.


infos pratiques
Niveau de difficulté
Le niveau est plutôt facile (peu de dénivelé) mais quelques montées jonchent le parcours.
Prévoyez donc de bonnes chaussures avec une bonne étanchéité et une autre paire plus légères pour laisser sécher la première ou en changer lors de votre arrivée à l’hébergement.
Balisage
L’itinéraire est très bien balisé mais une application de randonnée comme Visorando (on vous offre -20% sur l’abonnement premium avec le code HP-JKBRB) reste utile, surtout si vous faites des petits détours comme j’ai pu le faire.
Ravitaillement
On croise de nombreux petits villages mais tous ne disposent pas de commerces. Prévoyez vos repas pour chaque étape ou vérifier les horaires des restaurants et boulangeries.
Hébergement
L’itinéraire étant très rural, le choix d’hébergement est limité le long du parcours, pensez à bien réserver chacune de vos étapes
Météo
La météo a été clémente (à part l’orage) mais prévoyez tout de même des vêtements de pluie (et un poncho) et de quoi vous protéger du soleil
Liens utiles
Voici quelques liens utiles pour préparer votre randonnée:
Ce voyage a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale rémunérée avec Visit Wallonia. J’ai conservé toute ma liberté d’écriture. Cet article contient des liens d’affiliation.
