Visite du désert du Wadi Rum en Jordanie

Mise à jour le 24/05/2024
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Le désert du Wadi Rum est sans conteste l'un des incontournables d'un voyage en Jordanie avec Petra. L'immensité de ses paysages arides et ses couleurs me faisait rêver et je dois dire que je n'ai pas été déçue! Dans cet article de blog, je partage mon expérience avec vous et vous donne mes conseils de visite.

Laurène Philippot
Laurène
Laurène est la créatrice du blog, où elle partage ses découvertes depuis 2011. City break, voyages à vélo, randonnées... Elle a toujours de nouvelles idées d'escapades!

Petite présentation du Wadi Rum

Le désert du Wadi Rum, aussi appelé “Vallée de la Lune” par les Bédouins, est situé au sud de la Jordanie, à environ 60 km à l’est d’Aqaba et à 300 km d’Amman. La “zone réglementée” du Wadi Rum (qui est la zone protégée) couvre une superficie d’environ 720km² et est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le Wadi Rum est réputé pour ses impressionnantes montagnes de grès (notamment les montagnes des Sept Piliers de la Sagesse et le Jebel Umm ad Dami, point culminant de la Jordanie), mais aussi pour ses canyons étroits, ses arches naturelles, ses dunes de sable ainsi que ses couleurs changeantes, les teintes de la roche et du sable évoluant au fil de la journée, offrant une palette spectaculaire allant du rose tout doux au rouge en passant par différentes teintes d’ocre selon la luminosité.

Impossible de parler du Wadi Rum sans évoquer Lawrence d’Arabie, personnage assez controversé (je vous invite notamment à lire cet article que j’ai trouvé intéressant) mais auquel le Wadi Rum doit aussi une partie de sa popularité.

Jeep, randonnée à pied, à cheval ou à dromadaire?

Il existe plusieurs façons de visiter le désert du Wadi Rum. La plus classique est de faire un circuit en 4×4, qui est permet de voir pas mal de choses en une journée. Les circuits proposés sont de durée variable mais tous plus ou moins structurés de manière identique.

Une autre option qui m’avait semblé intéressante était la randonnée à pied, mais il faut avouer que l’on voit assez peu de choses du désert vu la vitesse à laquelle on avance. L’agence m’a donc proposé un mix jeep et marche. L’idée était bonne mais, en réalité, c’était surtout de la jeep! Nous n’avons marché que sur de mini distances pour aller voir un point de vue, par exemple. Si vous souhaitez vraiment marcher, je pense qu’il faut réserver une vraie randonnée.

Les randonnées à cheval ou à dromadaire (méharées) sont assez populaires, mais je suis toujours réticente à réserver ce type de service, qui implique des animaux, sans être à 100% sûre du prestataire et donc de la manière dont les animaux sont traités. Et comme c’est difficile de savoir à distance, je me suis abstenue! Il semblerait toutefois qu’il y ait des écuries sérieuses, mais renseignez-vous vraiment bien au préalable.

Vous pouvez réserver votre excursion au Wadi Rum via votre agence de voyage si vous en avez une (c’est ce que j’ai fait avec BlognTrip), en ligne via une plateforme comme GetYourGuide (l’avantage est d’avoir les notations et avis d’autres voyageurs) ou directement sur place auprès du Centre des Visiteurs.

Circuit d’une journée en 4×4 dans le Wadi Rum

En route pour une journée dans le désert du Wadi Rum! Nous partons en jeep avec notre guide Maamoud et allons de point d’intérêt en point d’intérêt, à la découverte de pétroglyphes témoignant de la présence humaine depuis 12 000 ans (oui, incroyable!), d’arches naturelles comme l’arche d’Umm Fruth, de dunes de sable rouge, de l’étonnant “mushroom rock”, de falaises accessibles en haut desquelles on peut monter pour profiter du panorama…Et à la rencontre de dromadaires en cours de route! On admire et on observe, chaque découverte étant entrecoupée d’un moment les cheveux au vent à l’arrière du pick-up, à s’extasier devant l’immensité du désert.

Le rythme de la journée est vraiment tranquille: jeep, arrêts visites agrémentés de pauses thé (très) régulières, déjeuner… On prend le temps et on profite, c’est agréable même si je n’aurais pas été contre un peu de “vraie” marche entre deux.

Lorsque nous nous arrêtons, notre guide nous indique le lieu où aller voir l’une ou l’autre des curiosités pour lesquelles on s’arrête et sort invariablement sa chicha pour s’installer sous une tente bédouine (il y en a une à côté de chaque site d’intérêt) avec d’autres guides, en discutant et en sirotant du thé. Le thé est vraiment important ici: il y a toujours une théière sur les braises prête à déverser son délicieux breuvage fumant aux visiteurs! Les bédouins le boivent vraiment très sucré, mais on peut facilement mettre moins de sucre pour soi. Quand à la chicha, cela semble également vraiment essentiel vu le volume fumé dans une seule journée, je ne m’en suis pas remise!

Ma nuit dans une véritable tente de bédouin

La soirée et la nuit passées dans une tente bédouine reste sans nul doute l’un de mes plus beaux souvenirs de ce voyage en Jordanie. S’il y a une chose à faire dans le Wadi Rum, c’est vraiment celle-ci à mon avis: passer une nuit en bivouac ou dans une tente bédouine (attention, une vraie tente qui se démonte, pas une tente avec des murs en parpaing comme on les voit dans les camps) est une superbe expérience.

Notre guide Maamoud nous mène à sa tente familiale, où sa famille ne vit plus (les bédouins sont en grande majorité sédentarisés et vivent dans les villages à proximité) mais vient encore passer plusieurs semaines dans l’année. Une sorte de maison de vacances, finalement! On voit bien d’ailleurs toute l’émotion qu’il a en parlant de cette tente, de ses souvenirs ici, de ce que sa mère cuisine souvent sur le feu… Certes, il y amène aussi des touristes, mais on sent vraiment que cette tente reste un lieu authentique où il passe beaucoup de temps avec sa famille.

Arrivés en fin d’après-midi, nous découvrons la tente, qui semble toute petite vu l’immensité de la falaise au pied duquel elle était installée. Les tentes de bédouin sont de couleur sombre et faites d’un mélange de poils de chèvres et de chameaux tissées. A l’intérieur, c’est sobre mais confortable, avec en élément central le feu dans une belle cheminée, autour duquel sont installés d’épais coussins (qui servent aussi de matelas pour dormir), et un petit coin servant de cuisine, avec réchaud et bidon d’eau.

Nous profitons du coucher de soleil dans le Wadi Rum en nous nichant au creux d’une falaise un peu plus loin. Même s’il n’y avait pas des couleurs de dingue ce jour-là, c’était déjà un beau spectacle!

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Ensuite, direction la tente où les parents de Maamoud viennent de nous apporter le dîner. Le Deliveroo local 😛 C’est en effet sa mère qui a tout préparé et il ne reste à notre guide qu’à réchauffer ce bon petit plat, à déguster au coin du feu. Vraiment délicieux! Pendant le dîner, nous entendons des bruits étranges… Surprise, des dromadaires sont tranquillement venus nous rendre visite et aiment bien les caresses ainsi que le pain que Maamoud leur donne! Ils sont vraiment drôles et sympathiques, c’est un moment assez insolite. Pas de photos à vous montrer, il faisait nuit noire.

Après le dîner, c’est l’heure (encore) de la chicha… En tout cas pour les hommes! On ne m’en propose pas spontanément et je n’ai pas envie de demander, n’ayant ni envie de fumer ni de le mettre mal à l’aise, mais il est intéressant de voir que cela fait partie de la culture bédouine. En échangeant avec notre guide, on se rend compte que les femmes sont encore cantonnées à une place bien stricte au sein du foyer… Le frère de Maamoud arrive ensuite avec d’autres touristes, et nous passons tous la soirée au coin du feu à échanger. Nous en profitons également pour sortir de la tente admirer le ciel étoilé, qui est incroyable du fait de l’absence de pollution lumineuse dans le Wadi Rum. Cette soirée est décidément un excellent moment totalement hors du temps!

Au moment d’aller se coucher, Maamoud nous laisse le choix: dormir dans la tente ou bien à la belle étoile, en attirant tout de même notre attention sur la température extérieure. Voyageant en Jordanie fin février, les températures sont en effet encore assez hivernales et nous choisissons de rester à l’intérieur. Même si j’aurais adoré dormir à la belle étoile, c’est plus raisonnable, et au final j’ai déjà eu sacrément froid malgré de nombreuses épaisseurs de vêtements et les énormes couvertures confortables fournies! C’est le genre de nuit durant lesquelles on ne dort pas bien mais qui sont réjouissantes tant on est heureux de se trouver là.

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Le lendemain matin, quel plaisir de sortir découvrir le désert paisible au petit matin, avec une jolie brume et une lumière toute douce rendant les paysages enchanteurs. Après un bon petit déjeuner, il ne reste plus qu’à repartir, en ayant la sensation d’avoir vraiment été coupé du monde le temps d’une soirée (pas de réseau téléphonique d’ailleurs, la coupure est réelle)!

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Mon avis sur les campements et bulles

J’ai passé une nuit dans un campement car j’ai eu un souci de timing dans mon programme, n’ayant plus qu’une journée et une nuit au Wadi Rum au lieu de deux (la compagnie aérienne m’avait supprimé une journée de voyage). Je n’ai pu arriver que tard dans le Wadi Rum, ce qui ne permettait pas d’aller directement dormir en bivouac. Et clairement, dormir dans un camp de luxe est une expérience que je ne vous recommande pas!

Ces “campements de luxe” sont faits de fausses tentes de bédouin (elles n’en ont que l’apparence de loin, étant faites en dur) sont très confortables mais ils le sont sans doute trop (cela pose pas mal de questions environnementales) et l’expérience est vraiment touristique… Ambiance buffet et soirée macarena avec de la musique ultra forte (véridique), pas franchement ce que je souhaitais trouver en venant dans le désert!

Si les locaux organisent ça, ce n’est pas non plus un hasard et cela signifie que cela plaît à certains touristes mais je vous conseille vraiment d’éviter. Avoir quelques camps en dur installés dans le Wadi Rum ne me semble pas délirant en soit (à condition de bien penser les lieux et leur impact), mais leur multiplication incontrôlée pose problème car cela vient empiéter sur la zone censée être protégée. Et si en plus on ajoute ce type de nuisance sonore, le désert risque se transformer en un club de vacances géant. Il n’y a qu’à voir déjà le nombre de campementss et de bulles installées partout pour comprendre le risque. Je comprends bien l’appât du gain pour les locaux, mais aux touristes aussi de ne pas demander ce type de logement en masse…

Ce séjour a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale rémunérée avec BlognTrip. Comme toujours, je suis restée libre de mes choix éditoriaux. Cet article contient des liens d’affiliation.