Randonnée en itinérance dans les Dolomites – Mon récit de voyage

Depuis le voyage Munich-Venise à vélo, durant lequel j'avais découvert les Dolomites, j'avais très envie d'y retourner pour faire une randonnée en itinérance. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçue. Cette rando de 10 jours fut un enchantement du début à la fin! Je partage avec vous mon expérience dans cet article de blog.
Mon avis en synthèse
Cette randonnée dans les Dolomites est un véritable coup de coeur. Les Dolomites sont classées au Patrimoine mondial de l’Unesco et ont la particularité d’être composées de plusieurs massifs montagneux: cela se voit bien lorsque l’on randonne puisque le paysage est différent d’un massif à l’autre. C’est l’un des points qui m’a enchantée: pas une journée ne ressemblait véritablement à l’autre. Ne me demandez pas quelle a été ma journée préférée, je suis d’ailleurs incapable de choisir!
J’ai aimé
- L’incroyable beauté des Dolomites
- La variété des étapes: paysages différents chaque jour!
- Les refuges beaux et confortables
- Super accompagnatrice de montagne!
- Portage des sacs agréable
- Ne penser à rien 😉
J’ai moins aimé
- Refuge Prato Piazza
- Quelques passages avec beaucoup de monde
Résumé en vidéo
Randonnée avec Grand Angle
Une randonnée guidée
S’il y a des options chez Grand Angle pour randonner dans les Dolomites « en liberté », c’est à dire sans guide, le voyage que j’ai fait était une randonnée guidée. Mon groupe était encadré par Marie-Odile Ré, accompagnatrice de montagne ultra expérimentée, compétente et sympathique! A choisir, en tout cas pour les Dolomites, c’est clairement une option que je reprendrais!
J’ai trouvé vraiment rassurant d’avoir une guide aussi expérimentée pour parcourir les sentiers des Dolomites. La montagne est un milieu complexe, avec une météo très changeante, et il faut parfois prendre certaines décisions: l’heure de départ, le chemin par lequel on va passer (Marie-Odile avait en général un plan A, B voire C pour s’adapter à la météo mais aussi à l’état de forme du groupe), la manière d’aborder une difficulté…
A noter, vous avez les frais d’inscription sur le voyage offerts avec le code promo CARNET-ESCAPADES chez Grand Angle!

Avoir un guide, c’est également profiter des connaissances de celui-ci sur le milieu qui nous entoure. Connaissant bien les Dolomites, Marie-Odile pouvait nous apporter plein d’informations sur les montagnes environnantes, la flore rencontrée, les différents types de roches que nous pouvions observer… Vraiment intéressant!
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Enfin, j’ai trouvé cela extrêmement reposant en terme de charge mentale! Moi qui suis habituée à organiser mes voyages et à me débrouiller sur place, à toujours chercher les infos, me demander quelle décision prendre en fonction de la météo, etc… Je dois avouer avoir vraiment apprécié de n’avoir pas du tout à réfléchir, ne prendre aucune décision et me laisser porter, pour tout simplement profiter de la randonnée.
Point météo
Les Dolomites sont réputées pour leur météo très changeante et humide. J’ai eu énormément de chance, je n’ai eu que deux averses (une sérieuse, l’autre légère) mais notre guide n’avait apparemment jamais eu une météo aussi belle 😉 Pensez à emporter un bon équipement de pluie, on peut parier que vous ne l’emporterez pas pour rien!
Un voyage en petit groupe
J’ai voyagé avec l’agence Grand Angle, spécialisée dans les voyages à pied et à vélo, avec qui je commence à avoir l’habitude de voyager 🙂 Cette randonnée se déroule en petit groupe (de 6 à 14 personnes maximum). Voyageant beaucoup seule, en couple ou entre amis, je suis assez peu habituée des groupes mais ai eu une très bonne expérience, mon groupe était vraiment sympathique et nous avons passé un excellent moment!
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Dolomites, d’où vient ce nom?
Les Dolomites doivent leur nom au géologue français Déodat Dieudonné de Dolomieu, qui fut le premier à identifier la dolomite (le minéral qui est le composant principal de la Dolomie), la distinguant de la calcite.
C’est cette dolomie qui donne leur couleur particulière aux Dolomites: en fonction des lieux et de la composition exacte de la roche, on passe du blanc à l’ocre… Et cela varie encore fortement en fonction de la luminosité… Fascinant!
Portage des sacs
Un portage des sacs est organisé par Grand Angle. Sur certaines étapes, on part ainsi seulement avec ses affaires pour la journée, le reste étant transporté au refuge suivant. Sur d’autres étapes, il fallait prévoir les affaires pour deux jours, le sac principal n’étant transporté qu’au refuge de J+2. Dans tous les cas, cela signifie que nous avions toujours un sac allégé, ce qui était bien agréable!
Même si ce n’est pas indispensable, il faut avouer que cela rend l’expérience plus confortable, puisqu’on se prend moins la tête sur le choix des affaires à emporter et qu’on a moins de poids sur le dos durant la journée, tout simplement!

Pique-niques
Pour le midi, nous faisions des pique-nique avec les courses faites par notre guide avant le séjour puis deux fois pendant la randonnée, alors que nous passions en ville. C’était simple bien sûr mais bon et très copieux: pain, charcuterie et fromage, avec tout le temps quelques légumes ou fruits pour compléter, des biscuits et du chocolat…
Il n’y a que les deux derniers jours où nous avons pris les pique-nique proposés par les refuges car il n’y a plus de possibilité de s’approvisionner: ceux-ci étaient vraiment moins biens (ambiance petit pain blanc industriel tout sec avec un bout de jambon glissé dedans), mais Marie-Odile avait toujours en stock en plus des fruits secs et biscuits, donc nous étions loin d’être affamés 😉

Difficulté
Chez Grand Angle (comme chez d’autres agences d’ailleurs), ce voyage est classé « 3 chaussures » (la notation est sur 5). Cela signifie qu’il est adapté à de bons marcheurs. Pour en avoir discuté avec les autres membres du groupe ayant l’habitude de ces classements, cette randonnée dans les Dolomites serait plutôt de niveau « 3 chaussures et demi », car ils trouvaient plus difficile le fait d’enchaîner plusieurs journées à plus de 1 000m de dénivelé positif.
Le voyage de Grand Angle fait 10 jours, mais il faut compter 8 jours de marche, puisque la première journée est consacrée à l’arrivée à Vérone et la dernière au retour à Venise, avec seulement 1h30 de marche au préalable.

D’après mes données GPS, nous avons marché entre 3h30 et 6h30, avec 500 à 1 400m de dénivelé positif par jour. Etant plutôt habituée à marcher en montagne, je n’ai pas trouvé cela trop dur, même si j’étais fatiguée en fin de journée et que je dormais très bien et longtemps 😛 A vrai dire, je m’attendais à être courbatue mais ça n’a pas été le cas et j’étais en pleine forme! L’effet Dolomites 😉
Mais clairement, il y a bien sûr de bonnes montées bien longues, de belles descentes également… Il faut être habitué à ce type d’effort et à des sentiers parfois un peu techniques (ce n’est pas la majorité mais c’est le cas de certains passages).


Refuges
J’avais plusieurs fois entendu parler de la qualité des refuges italiens et en effet, je n’ai pas été déçue! Les refuges étaient tous assez différents, certains plus rustiques que d’autres, mais ils étaient globalement vraiment confortables. Cela n’enlève pas le fait que dormir en dortoir n’est pas toujours simple (boules Quiès obligatoires!), mais c’était tout de même confortable d’avoir un bon lit, une douche chaude (parfois payante) et un bon repas!
Autre point bien agréable dans cette randonnée, les refuges sont quasi tous au dessus de 2 000 mètres et l’on est donc en altitude: le bonheur de rester vraiment dans les montagnes!


Carnet de voyage
Je vous ai fait un petit résumé de chaque étape pour que vous en ayez une idée générale, sans trop tout vous dévoiler non plus! Vous noterez que mes données GPS sont souvent un peu différentes de celles données sur le site de Grand Angle. Je pense que les miennes sont plus justes car nous étions plusieurs à avoir des chiffres similaires.
Italien ou allemand?
Les Dolomites se trouvent dans la région du Trentin – Haut-Adige (Trentino-Alto Adige en italien et Trentino-Südtirol en allemand) et en Vénétie. Le Trentin – Haut-Adige est une région dont l’histoire est assez complexe et qui a donc la particularité d’être une province autonome bilingue. Vous verrez donc les noms des refuges dans les deux langues, par exemple… cela fait partie du charme du lieu!
Jour 0 – Vérone
Vous allez me dire que Vérone n’est pas dans les Dolomites (et vous aurez raison!) mais le voyage de Grand Angle démarre à Vérone, pour que le point de départ soit facilement accessible en train/avion. C’est également l’occasion de visiter Vérone, que je vous conseille de découvrir. C’est une ville italienne pleine de charme où j’ai pris grand plaisir à flâner!




Jour 1 – Vérone – Passo Costalunga – Refuge Stella Alpina
Train et bus de Vérone au Passo Costalunga
Cette première journée est particulière, forcément, puisqu’il faut d’abord rejoindre le point de départ de la randonnée. Au programme, train jusqu’à Bolzano puis bus jusqu’au Passo Costalunga. Cela occupe la majeure partie de la matinée, mais ensuite l’aventure peut commencer!
Premiers pas dans le massif du Rosengarten (Catinaccio)
On est ensuite directement plongé dans l’atmosphère de ce qui nous attend durant cette randonnée. On démarre par une montée jusqu’au refuge Roda di Vael, au départ de la traversée des Aiguilles du Rosengarten. Les paysages sont encore bien verts à ce stade.


Col de la Zigolade
Changement d’ambiance ensuite: les paysages deviennent minéraux et l’on découvre progressivement les magnifiques montagnes aux couleurs rose orangées typiques du Rosengarten...
Premier col de la semaine, le Passo de la Zigolade (2 550m), avec une descente ensuite vraiment pas facile (du moins dans sa première partie) jusqu’au refuge Stella Alpina, où l’on retrouve un paysage plus verdoyant. C’est la descente que j’ai trouvé la plus dure de tout le séjour car elle est raide, il y a pas mal de petits cailloux et cela glisse un peu… Au moins c’est fait 😛




Refuge Stella Alpina
Le refuge Stella Alpina est un beau refuge moderne et confortable, où l’on mange bien (ambiance nourriture allemande!).


Jour 2 – Refuge Stella Alpina – Refuge Alpe di Tires
Deux cols à passer successivement!
Au programme du jour, encore une ambiance verte au départ puis minérale à souhait au coeur du Parc naturel du Rosengarten. Après une montée sous les tours de Vajolete, on rejoint un premier col, le Passo Principe ( 2 599m). Déjà pas facile, mais un deuxième col nous attend ensuite: on descend assez raide puis on remonte jusqu’au Passo Molignon (2 604m). C’est comme franchir une cuvette, ou une marmite 😛




Refuge Alpe di Tires
On rejoint ensuite tranquillement le refuge Alpe di Tires, un grand refuge très moderne. J’ai eu le plaisir d’y admirer un sublime coucher de soleil!



Jour 3 – Refuge Alpe di Tires – Refuge des Alpes
A travers l’Alpage di Siusi
Pour ce 3e jour, changement total d’atmosphère puisque l’ensemble de la journée se déroule sur l’Alpage de Siusi qui, avec son altitude moyenne de 1 850m, est le plus haut alpage d’Europe. Des paysages verdoyants à perte de vue, et l’occasion pour nous d’observer de nombreuses marmottes jouant et grignotant de l’herbe: charmant!




Refuge Des Alpes
Le refuge où nous logeons, le Refuge Des Alpes, est en réalité plus un hôtel qu’un refuge puisqu’on y trouve des chambres doubles: youpi, la nuit sera bonne 😉 La vue panoramique sur les Dolomites depuis la terrasse est également incroyable, avec notamment le sommet de la Marmolada, le plus haut des Dolomites (3 353m).


Jour 4 – Refuge des Alpes – Selva di Val Gardena – Refuge Gardenacia
A travers le canyon de Vallunga
On démarre la journée par un transfert (1km de marche puis transfert en taxi) jusqu’à la ville de Selva di Gardena. Ensuite, nous voici partis dans le verdoyant canyon de Vallunga d’où nous montons dans le massif de Puez en direction du refuge du même nom.




En route pour le col Gardenacia
Après une pause pique-nique bien méritée, direction le col Gardenacia (2 548m) dans un paysage encore bien différent, entre étendues d’herbe et énormes blocs de calcaire, avec en prime de belles fleurs de montagnes à admirer en cours de route (gentiane, armeria, silène acaule, dryade à 8 pétales, myosotis…).




Refuge Gardenacia
On descend ensuite jusqu’au refuge Gardenacia, un joli refuge à la décoration typique et aux petits dortoirs. Bien agréable, d’autant que la terrasse offre une vue imprenable sur le Val Badia et les falaises du parc de Fanes.


Jour 5 – Refuge Gardenacia – Refuge Dibona
Transfert puis col du Lagauazoi
La journée démarre là encore par un transfert: descente à pied, puis télésiège jusqu’à La Villa, où nous prenons un bus nous conduisant 7km plus loin. C’est de la Villa que nous entamons la montée au refuge Scotoni, puis au col du Laguazuoi (2 507m).




A la découverte du massif des Fanes
Nous voici désormais dans le Massif des Fanes: une traversée sous le Tofanes par le col dei Bos nous mène au refuge Dibona. La journée est une fois de plus magnifique, mais mouvementée car une personne de notre groupe fait malheureusement une chute et est évacuée en hélicoptère (luxation de l’épaule au final mais ouf, elle va bien!).




Refuge Dibona
Nous avons aussi une belle averse de pluie et grêle en fin de journée. Avantage: les belles lumières du ciel et l’arc-en-ciel après l’orage. Inconvénient: nous arrivons au refuge Dibona vraiment trempés 😛 Les dortoirs sont assez rustique mais les salles communes agréables et le dîner bien copieux.




Jour 6 – Refuge Dibona – Refuge Da Stua
Au pied des Tofanes
Pour cette journée, deux options sont possibles mais l’un des sentiers étant devenu difficiles récemment, notre guide choisit de nous faire passer « par le bas »: pour la première partie de l’étape, nous repassons au pied des Tofanes comme la veille au lieu de les traverser. Réveil à 5h30: un orage étant prévu dans l’après-midi, l’idée est d’arriver tôt.

Canyon de Travenanzes
Nous descendons dans le Canyon de Travenanzes jusqu’au Ponte Outo. La couleur transparente voire bleu turquoise de l’eau, selon la lumière, est superbe, contrastant avec les grandes falaises!




Refuge Ra Stua
Nous remontons ensuite tranquillement jusqu’au refuge Ra Stua, situé au milieu d’un alpage, en faisant fait une petite pause bain de pieds (baignade pour certaines!) en cours de route. Le refuge est vraiment très agréable, le repas aurait juste pu être un peu plus copieux à mon avis.


Jour 7 Refuge Ra Stua – Refuge Prato Piazza
Massif de Sennes
La journée démarre par une traversée du Massif de Sennes, par le lac Picolo et le lac Gran de Foses. Une belle montée dans les cailloux permet ensuite de rejoindre le col de Cocodain (2 332m).




Traversée jusqu’à l’alpage de Prato Piazza
Voilà une partie de la randonnée que j’ai vraiment adorée (un peu toutes, mais petit coup de coeur pour celle-ci): une traversée en balcon avec des vues paradisiaques et les couleurs orangées de la Croda Rossa!




Refuge Prato Piazza
Pas de photo à vous montrer, j’ai totalement oublié à vrai dire! Bon, il faut dire que ce refuge était clairement moins sympa que les autres. Jolie vue tout de même (évidemment) mais un immense dortoir sans fenêtre situé au sous-sol (la cave en fait) et un dîner où ils avaient clairement servi les restes du déjeuner (sauf qu’il ne restait vraisemblablement plus que la sauce du civet, pas la viande…). Quel contraste avec la qualité des refuges précédents!

Jour 8 Refuge Prato Piazza – Refuge Auronzo
Descente dans la Vallée de Landro et montée par les Vallées de Rienza et Ribon
Déjà le dernier jour de cette randonnée dans les Dolomites… Que le temps est passé vite! Nous commençons par contourner le Strudelkopf pour descendre dans la vallée de Landro. Je retrouve un lieu où j’étais passée lorsque j’ai fait Munich-Venise à vélo, c’est amusant! Nous montons ensuite par la vallée de Rienza puis par le Val Ribon.




Les célèbres Tre Cime
Là-haut nous attendent les superbes Tre Cime de Lavaredo, réputées être les plus belles montagnes des Dolomites! Honnêtement, je ne dirais pas forcément ça car j’ai trouvé toutes les montagnes fascinantes au cours de cette randonnée, mais elles sont sans conteste très belles également.


Nous contournons ensuite les Tre Cime, ce qui permet de les voir sous un angle différent. A partir de là, la foule devient plus dense: c’est incroyable ce qu’elles peuvent attirer comme monde! On sent que la fin de notre aventure approche, avec un retour à la civilisation qui se profile…


Refuge Auronzo
Le refuge Auronzo contraste également avec les précédents: cet immense refuge accueille à la fois des randonneurs et des personnes venues en voiture puisqu’un immense parking se trouve à ses pieds. Ambiance colonie de vacances, self-service (dîner vraiment bon cela dit, petit déjeuner nettement moins) et douche pas bien chaude, mais la vue depuis la grande salle de restaurant est vraiment sublime… Un dernier coucher de soleil sur les Dolomites clôture ainsi parfaitement notre rando!


Jour 9 Refuge Auronzo – Lago d’Antorno – Venise
Dernière petite marche
Depuis le refuge Auronzo, il est temps de dire au revoir aux Dolomites puisqu’une simple descente nous mène jusqu’au lago d’Antorno, où un taxi nous attend pour Cortina d’Ampezzo.


Bus de Cortina à Venise
Il reste alors à prendre le bus Cortina Express pour arriver à Venise, où se termine le séjour. L’occasion d’y passer quelques jours pour la découvrir (cette ville est incroyable et vaut le coup en toutes saisons!) ou bien de reprendre un train pour repartir… Des souvenirs plein la tête!


Ce voyage a été réalisé dans le cadre d’une collaboration avec l’Agence Grand Angle J’ai conservé toute ma liberté d’écriture. Cet article contient des liens d’affiliation.
